03 septembre 2007

Trois tactiques de la PQR contre l'effet Google News

Google héberge depuis vendredi les dépêches des agences Presse canadienne, AP, AFP et l'agence de presse britannique PA sur son service Google News.

Les infos sont sobrement présentées. Le texte a échappé au sabre du pupitre. Une ou deux photos et des liens vers des articles sur le même sujet accompagnent le papier.

Les grands perdants seront les sites qui publient les dépêches, mais La presse quotidienne régionale, elle, devra se poser des questions.

Quel avenir pour les nouvelles nationales et internationales dans ses pages? Quel avenir pour les rubriques cinéma, culture, et autres fournies par les agences de presse?

La fin des pages "farcies" de dépêches approche. Personne ne verra l'intérêt d'un entrefilet payant dans le journal local contre le papier complet lu gratuitement sur Google News.

Trois tactiques sont envisageables:
  1. La percée. - Des scoops! Sur les plans international et national, la PQR doit oublier. Ou alors y mettre les moyens en associant plusieurs titres dans la couverture d'un événement. Cher et pas simple à mettre en place.

  2. Le repli. - Jouer la carte de l'originalité: condenser la nouvelle nationale et internationale pour donner une large place à l'analyse et à l'information de contexte.

    Pourquoi pas en mettant au point des dossiers "collaboratifs" avec les lecteurs/internautes?

    Il s'agit d'enrichir la nouvelle de la résonance régionale: quelles conséquences ici/est-ce que ça peut se produire ici, intervention d'experts locaux et des personnes concernés, plus proches des lecteurs.

    Le réflexe doit être développé, tout autant que les réseaux locaux de commentateurs potentiels.

  3. La retraite. - Abandonner la couverture internationale et nationale pour concentrer ses forces exclusivement sur la nouvelle régionale.

    Option si peu chère qu'elle permet même des économies. Mais elle peut aussi irriter les lecteurs.
A mon humble avis la deuxième solution est la meilleure. La presse (imprimée ou web) doit se distinguer pour survivre.

En donnant un angle régional aux informations nationales et internationales, elle accomplit sa double mission d'informer ses lecteurs et de demeurer un média de proximité.

30 juin 2006

Pourquoi la pub résiste au web

[commentaire posté sur le blog de Jeff Mignon]

En quelques mots: le web rejoint les gens à la maison et au travail, il occupe 23 % de leur temps alors qu'il ne récolte que de 6% de l'assiette publicitaire. l'industrie de la pub s'en va vers une crise majeure. combien de temps va-t-elle résister au net? Jeff Mignon.

les annonceurs prêts à investir dans une campagne publicitaire sur le web doivent être déjà sensibles à ce média: ils ont déjà un site, ils font du commerce en ligne. ils doivent avoir un intérêt concret à voir les gens atterrir sur leur site qui ne leur sert pas que de vitrine. ces annonceurs-là ne sont pas si nombreux...

à l'heure actuelle tout le monde ou presque dans le monde des affaires sait comment une campagne fonctionne dans les journaux, dans les magazines, à la télé ou à la radio. mais sur le net on en est encore à de l'expérimentation.

quelles sont les pubs qui marchent? quelles sont les campagnes qui marchent? à qui faut-il s'adresser pour rejoindre un grand nombre de personnnes? ou plutôt les consommateurs intéressés?

avec l'éclatement des supports publicitaires - tout le monde peut se faire un site web en quelques minutes – les supports potentiels sont innombrables. comment choisir les bons sites où annoncer? avec qui faire affaire pour que la campagne soit vue par les «bonnes personnes»?

les solutions actuelles (adwords et consorts) sont compliquées à mettre en place pour la majorité des annonceurs, des commerçants et des marchands.

au fil des ans, la proportion pub sur le web va certainement grandir.

mais on peut aussi prendre le problème à l'envers: peut-être les internautes passent-ils autant de temps sur le net justement parce qu'il y a moins de pub?

6:42 PM

23 mai 2006

La moitié des jeunes créent du contenu pour le Web

57% des jeunes américains "branchés" de 12 à 17 créent du contenu qu'ils échangent sur le Web, rapporte une étude de Pew Internet & American Life Project.

Certes, le rapport date de la fin de l'année dernière, mais le chercheur hollandais Mark Deuze l'a tout dernièrement exhumé sur son blogue.

En chiffres absolus, c'est la moitié des adolescents américains. Et le reste de la jeunesse occientale doit, dans des proportions semblables, faire de même.
These Content Creators report having done one or more of the following activities: create a blog; create or work on a personal webpage; create or work on a webpage for school, a friend, or an organization; share original content such as artwork, photos, stories, or videos online; or remix content found online into a new creation.

The most popular Content Creating activities are sharing self-authored content and working on webpages for others.
  • 33% of online teens share their own creations online, such as artwork, photos, stories, or videos.
  • 32% say that they have created or worked on webpages or blogs for others, including those for groups they belong to, friends or school assignments.
  • 22% report keeping their own personal webpage.
  • 19% have created their own online journal or blog.
  • About one in five internet-using teens (19%) says they remix content they find online into their own artistic creations.

La presse doit s'ouvrir aux jeunes créateurs

La presse cherche à rejoindre les jeunes. Seulement, son modèle vertical, de un à plusieurs - du journal vers les lecteurs - ne plaît pas de prime abord à cette jeune génération de créateurs de contenus.

En revanche, le nombre de ses lecteurs est encore et sera toujours plus grand que l'audience de 99% des blogues existants ou à venir. C'est ce qu'il peut offrir à ces jeunes créateurs.

Le journal papier peut "soigner" les jeunes en leur ouvrant ses pages. D'abord en sélectionnant leurs oeuvres (photos, rédactions, etc.) sur la base de votes, de recommandations des internautes et de sélections de la rédaction.

En favorisant l'émulation chez les jeunes créateurs, en leur "prêtant" l'audience du journal, la presse peut certainement se gagner des lecteurs dans cette génération.

A méditer.

Liens
Le post de Mark Deuze
L'étude du Pew Institute
Yahoo! - Press Releases

21 mai 2006

L'Info en danger

"Chasse aux coûts dans les rédactions et recherche effrénée de recettes publicitaires caractérisent aujourd'hui la situation dans la plupart des médias", ont constaté cinq collègues journalistes romands en octobre dernier.

Pour dénoncer cette situation et demander aux éditeurs tous les moyens nécessaires pour produire un journalisme de qualité, ils ont lancé une pétition. Plus de 500 signatures ont été récoltées.

Le lien
Coup de gueule des journalistes contre l'info-marchandise

27 mars 2006

MEDIA CAFÉ: Dans ce nouveau paysage médiatique, à quoi sert un journaliste d'après Richard Sambrook de la BBC ?

MEDIA CAFÉ: Dans ce nouveau paysage médiatique, à quoi sert un journaliste d'après Richard Sambrook de la BBC ?

Si l'info est une marchandise comme le shampooing, les automobiles ou les cornflakes, en effet le journaliste ne devient que le "contrôle qualité" de la production de l’information.

Faut cependant reconnaître que ces trois fonctions ne sont pas l’apanage des journalistes , les «experts», les universitaires et les fins observateurs du sport, de la politique, de la consommation ou encore de la mode et j'en passe, vérifient, expliquent et analysent eux aussi.

Je suis étonné que Sambrook ne conclut pas aussi que, si Google ne juge pas de la qualité de l’information, il ne répertorie pas non plus tous les faits observables de l'univers.

Et que quand bien même tout la planète serait prête à dégainer son téléphone portable avec appareil photo numérique pour mobloguer, le journaliste reste d'abord et avant tout un témoin: il rapporte ce qu'il voit, croise ses informations et interroge ses sources, fussent-elles documentaires ou humaines, avant de synthétiser le résultat en un ou plusieurs documents écrits, visuels ou audio.

Contrairement à ce que l'on aimerait penser, les faits nouveaux ne se trouvent pas toujours dans la rue ou dans le métro de Londres à la portée du premier moblogggueur venu, mais cachées au fond de rapports, de bases de données ou encore au détour de conversations au premier abord anodines... Le newsgetting, le flair, le sens de la nouvelle, ne sont pas partagés par tous.

Il me semble que le principal effet de la «démocratisation» de ces moyens de communication soit plutôt la multiplication des sources et son corollaire: la difficulté pour le journaliste de se faire entendre. Bien plus que la remise en question du rôle du journaliste et de ses quatre fonctions : recherche + vérification + analyse + contextualisation de l'information.

Commentaire publié sur le site de Jeff Mignon.

23 mars 2006

La presse quotidienne régionale s'interroge sur son avenir

Benoît Raphael s'interroge et rassemble toutes sortes de réflexions intéressantes sur l'avenir des quotidiens régionaux.

Le titre de son blogue traduit certainement les sentiments ambigus et contradictoires - l'appréhension et la fascination - des gens du métier face aux nouveaux médias: tout le monde et n'importe qui a désormais au bout de son clavier la puissance d'une rotative, prête à fournir qui veut bien le lire.

Son blogue
Demain tous journalistes ?

13 mars 2006

Les photos des sportifs argoviens

Décidéement, les éditeurs suisses se mettent à l'heure du Web. Le journal régional Aargauer Zeitung propose à les lecteurs de publier des photos - d'équipe sportives locales - sur son site web, sous réserve de certaines conditions.

Les images peuvent ensuite servir de e-carte service plutôt classique.

Vient ensuite le petit plus: la meilleure des photos se retrouve dans les pages du journal.

Source: Editor's Weblog
http://www.editorsweblog.org/news//2006/03/swiss_newspaper_prints_readers_photos.php

Google, ami ou ennemi des journaux?

Why newspapers must ask some searching questions

Encore une fois, Jeff Jarvis ramène tout le monde les pieds sur terre. Les propriétaires de journaux voient Google comme un ennemi qui les "dépouille" de leur contenu pour l'afficher sur GoogleNews.

Il semble que les membres du World Association of Newspapers aient un peu de peine à retrouver le nord dans le monde, osons le dire, postmoderne. Google, voleur?

At this month's Online Publishers Association conference in London, WAN managing director Ali Rahnema asked: "Could this content exist if someone else wasn't paying to create it?" Well, in the quaint Americanism of my hillbilly roots, I'd say Rahnema got this bassackwards. Instead, we soon will be asking, "Could this content exist if someone else wasn't linking to it?"
Google serait donc à mi-chemin entre l'ami et l'ennemi, une sorte d'incontournable "première page de tous les journaux du monde" duquel il vaut mieux tirer parti, que d'essayer de vider de toute sa substance.

Parce qu'au final, ne plus être référencé par Google veut aussi dire retourner dans le néant du Web.

Le journalisme citoyen arrive (par) Le Matin

Portail BleuBlog


Le quotidien gratuit Le Matin Bleu qui inonde les rives du Lac Léman jusqu'à Bienne en Suisse a ouvert il y a une dizaine de jours sa plateforme blogue. Depuis 1600 blogueurs s'y sont mis, deux cents par jour.

Loin derrière Skyblog avec son 1,4 million carnets intimes, c'est tout de même une première en Suisse romande et un succès.

Dans son édition domincale, payante celle-là, Le Matin présente déjà quelques-uns des blogs créés: poésie, impertinences, photos et piercing, histoire de donner des idées.

Laquelle au fait? Promouvoir le "journalisme citoyen", de l'aveux de Jérôme Vitoz, responsable marketing digital pour Le Matin. Un internaute à la fois consommateur et fournisseur.

Extrait du papier du dimanche 12 mars 2006, page 31.
"Nous n'offrons pas simplement un outil technologique, jubile -t-il. Nous incitons les gens à s'exprimer et nous mettons en valeur les blogs les plus intéressants, les plus drôles, les plus originaux."

Le responsable estime le potentiiel à 22 000 blogueurs.

Spéculations et interrogations:
  1. Le Matin Bleu pourrait devenir un modèle pour les journaux de proximité avec son mélange de revenus de pub dans l'édition papier et en ligne et la collaboration de lecteurs. Le seul système de pub que j'ai vu, au premier abord, c'est le AdSense de Google et des pubs traditionnelles sur la première page du site. Est-ce que cela changera?
  2. Quelle ligne rédactionnelle Le Matin-Bleu/Bleublogue? Quels articles de quels blogues seront sélectionnés pour faire le blogue du jour?
  3. Le véritable engouement et la première expression "forte" du phénomène blogue en Suisse romande se produira quand un fait divers romand sera illustré avec des photos prises par un blogueur romand sur Bleublog.

08 mars 2006

La tempête de neige vue par les lecteurs

Journal L'Alsace / Le Pays a lancé le week-end du 4 et 5 mars un appel à tous ses lecteurs d'envoyer leurs photos. Pour ceux qui ne seraient pas du coin, la tempête de neige de samedi à dimanche a laissé derrière elle 50 à 60 centimètres de neige par endroit. Un record.

Au final, l'expérience de L'Alsace/Le Pays montre que quand les journaux donnent, qu'ils entretiennent une relation privillégiée et sans élitisme avec leurs lecteurs, ils peuvent mettre sur pied des opérations intéressantes, originales et sans communes mesures avec les moyens jadis à disposition des rédactions traditionnelles, hors-Web.

Résultat? Des centaines de photos, certaines banales, des surprenantes et quelques-unes très , très réussies.

Mais elles ont surtout l'incroyable avantage de photographier un territoire si vaste qu'aucune rédaction alignée au grand complet n'aurait pu couvrir.

L'Alsace/Le Pays donne l'exemple de ce que peuvent faire des journaux régionaux avec un sens de la communauté bien développé, un site web attrayant et quelques idées.

02 mars 2006

Des liens en profondeur

Que font les journaux pour être davantage lus par le biais du net ?

John Battelle, auteur du livre The Search, donne une piste à suivre. Il raconte qu'au détour d'une conversation, s'était aperçu ne plus lire le Wall Street Journal ou alors The Economist.

En fait, ces journaux, même s'ils sont très bons, sortaient complètement de ses habitudes de lecture simplement parce qu'ils ne présentaient pas de contenus en ligne.

Des journaux très difficiles à trouver sur un moteur de recherche n'existent plus...
«Avec le Web, les nouvelles sont une conversation dont le carburantsont les blogs, le courriel et la culture du copier-coller. S je trouve quelque chose que je ne peux pas partager (ce que veut dire que je ne peux pas y transmettre un lien par un courrier électronique ou depuis mon propre site Web), cela ne vaut pas la peine que je m'y attarde.»
John Battelle propose donc ce qu'il appelle « les liens en profondeur ».

L'idée n'est pas d'abandonner la vente du journal par le Web, mais bien de donner la possibilité aux abonnés de référencer les articles par des liens afin qu'ils les conseillent à leurs amis et leurs connaissances.

A terme, les lecteurs constamment référencés par leurs amis sur un site finiront par s'abonner, jugeant cette source fiable.


Source
Battelle John , The Search, Nicholas Brealey Publishing, Boston - London, 2005, 311 pp.

26 février 2006

Le journaliste de demain vu depuis 1999

En fouillant les profondeurs du web, refont surface certains articles, comme ce petit bijou prémonitoire de Doug Millison, qui se présente comme l'un des premiers "online journalist".

Millison décrivait en 1999 comment les "bons" journalistes des prochaines années utiliseraient le Web pour rendre leur travail encore meilleur.

Le passage est tiré de cet article de Millison conservé sur Speakout.com, un site communautaire qui ne semble plus en activité depuis belle lurette.
They will use hyperlinks and multimedia to create rich webs of narrative, image and sound, and to present audiences with multi-faceted and multi-layered journalistic "collages" to explore and study. And they will use interactivity to turn readers into co-creators.
Il est amusant de voir que 7 ans après la rédaction de ce papier, les idées sont restées les mêmes et commencent seulement à être mises en place. Il est étonnant de voir que les pionniers ne sont pas des journalistes. Les vlogueurs et podcasteurs de tout poil se trouvent plutôt du côté du "grand public". Les expériences journalistiques du genre demeurent plutôt rares... A ma connaissance au moins.

Si jamais vous deviez mettre la main sur quelques-uns, n'hésitez pas à me les signaler.

24 février 2006

A quand le Journal 2.0?

First Draft by Tim Porter: London Bombings: The Unread Newspaper

Un commentaire du blogueur Dimitar Vesselinov sur le blogue de First Draft a attiré mon attention. Il date de juilllet 2005 mais ça me semble encore d'actu.

Blogs + Forums + Wikis + Chats + Social Networks + Video + Audio + Photos + Maps = Newspaper 2.0

19 février 2006

Le Business des Blogues - La décadence

Du côté de chez Slate, Daniel Gross diagnostique quatre symptômes de la fin du business des blogues.
Il relève une série d'exemples de l'actualité récente et trace le parallèle avec ce qui s'est passé en 2000 avec le crash du Nasdaq. Ces derniers jours, les blogues ont fait la couverture des magazines à grand tirage - signe avant-coureur de décadence, comme en 1999 lorsque Amazon.com fait la une des journaux, quelque mois avant l'explosion de la bulle Internet...
Les signes sont troublants.
Alors quel avenir économique pour les blogues? Est-ce que tout l'argent investi et les valeurs attendues atteindront-elles les espérances? On doit entendre les premières notes d'un ode tragique qui s'intitulera le "Crépuscule des blogues"?

14 février 2006

75000 nouveaux blogues par jour

BRANCHEZ-VOUS! - Des chiffres et des blogues

Le nombre de blogues double tous les 5 mois. Chaque jour 75 000 nouveaux blogues font leur apparition.

Seul bémol: 9% des blogues créés sont des spams...

09 février 2006

Les limites du journalisme citoyen

Si l'on a souvent pris l'exmple sud-coréen OhMyNews pour modèle de média-citoyen, il semble qu'il plus difficile de l'exporter.

Pour Anton Harber, professeur sud-africain de journalisme, l'essai de Reporter.co.za donne des résultats en-deça des attentes.
It promises a range of lively material, but on closer inspection the reports are half-baked, the sort you’d expect from beginner reporters who would be sent back by a news desk to plug the holes. The pictures have a charming amateurishness to them.

Think of the potential problems. How do you verify stories e-mailed into you? How do you prevent commercial interests from placing their public relations material? Or planting stories for fun or to harm their competition?

If citizen journalism is not just going to add to the media clutter, then it still needs to be edited.
Bref, des points essentiels qui rappellent les leçons tirées par Gillmor en ce qui concerne l'encadrement et la formation des journalistes-citoyens.

30 janvier 2006

A propos des leçons de Gillmor

Poynter Online - E-Media Tidbits

Steve Yelvington d'E-Medi Tidbits réfléchit lui aussi à la déconfiture de Bayosphere, le site de journaliste citoyen de Dan Gillmor.
Perhaps one of the first lessons to take away is the importance of focus. As it unfolded, Bayosphere turned out not to be about the Bay Area at all, and instead became dominated by blog postings about U.S. and world politics. The postings are civil, which is a plus, but there's no shortage of conversation about those topics on the Internet. It's difficult to see a way to add value.
Another might be the importance of managing a core group of social trendsetters. Bayosphere managed to establish a culture fairly free of abuse, but it didn't evolve the atmosphere of topical passion that powers the most successful online communities.

29 janvier 2006

Les 7 leçons de Dan Gillmor

Le penseur du journalisme citoyen Dan Gillmor arrive à un constat d'échec de son expérience avec Bayosphere, un site internet dédié à l'information locale et techno dans la Baie de San Francisco.

Les raisons de l'échec? Pas de business model viable, pas vraiment de revenus pour continuer l'expérience et des "cotes d'écoute" qui n'ont pas atteint les objectifs.

The evidence strongly suggested early on that this was not likely to be a viable publishing venture for some considerable period without partnerships to bring in both readers and contributors. But long discussions with potential partners -- including several whose participation would have been game-changing in a journalistic and business-model sense -- didn't pan out. (It will be an exciting day when one or more of those folks tries a citizen-driven media venture.)


Plutôt que de focaliser sur l'échec ou les raisons de l'échec, je reproduis ici un résumé des leçons tirées par Gillmor sur le journalisme citoyen:
  • Limiter la participation. Demander davantage d'information sur les participants = moins de participants = meilleures contributions.
  • Un "serment". Donner un code de conduite ou de déontologie aux particpants.
  • Donner une direction et un cadre de travail aux particpants; assistance et collaboration, leur faire comprendre le sens profond du site et quelles tâches ils doivent accomplir.
  • Les outils informatiques sont encore trop complexes - il faut connaître la technique pour se lancer dans l'aventure, ce qui rebute par mal de participants.
  • "Community building": là Gilmor se montre peu loquace: quels seraient les moyens, quelles seraient les implications, avec quels outils construit-on un communauté? Il dit seulement que c'est encore plus important que les outils de publication. Mystère...
  • Incitation à participer: je crois que Gilmor entend par là qu' il faut trouver le moyen de payer les collaborateurs, et par là, il faut aussi trouver des ressources, qui semble-t-il ne sont pas encore au rendez-vous.
  • Trouver quelque chose d'informatif ou de divertissant qui attirent les lecteurs.
A la lecture des leçons de Dan Gillmor, je me rends compte que son expérience n'est pas un échec total. Il met seulement en avant les difficultés que recontreront tous les médias qui voudraient se lancer dans le journalisme citoyen.

D'un point de vue de défense de la profession, je suis tout de même soulagé. Les éditeurs ne trouveront pas de sitôt le moyen de se passer d'une véritable rédaction, avec des journalistes professionnels.

En revanche, il serait peut-être temps que les journalistes se lancent dans une véritable réflexion sur leur métier à la lumière des possibilités qu'offre la conversation avec les citoyens. Contrairement à ce que beaucoup de collègues s'imaginent, des collègues mais aussi des éditeurs, le public (si quelque chose de ce nom existe vraiment) n'est pas débile ni dupe. Si on fait la somme des connaissances de chacune des personnes qui le compose, un journaliste seul ou même une rédaction entière ne fera jamais le poids sur un sujet donné.

Alors pourquoi ne pas engager cette conversation avec nos lecteurs et surtout leur donner, à tout le moins sur le web, les outils pour publier et partager avec eux notre expérience du métier?

22 janvier 2006

Les jeunes boudent, ouvrons la discussion!

Les 18-29 ans ne s'intéressent qu'au Web, soutient l'Hebdo, le magazine d'actualité de la Suisse romande dans son numéro du 29 décembre 2005.

Dans l'article Les jeunes boudent les médias traditionnels, on apprend que l'éditeur du magazine, le géant suisse Ringier, a demandé à un institut de sondage MIS Trend de déterminer à quel moment les jeunes entrent en contact avec les médias traditionnels.

La réponse: jamais.

Les jeunes consomment des informations par le biais du net exclusivement. Ils s'intéressent en profondeur, c'est-à-dire en utilisant les liens hypertextes pour aller vers d'autres sites étroitement liés avec leurs centres d'intérêt. De plus ils discutent, par mail, par SMS. Ils bloguent aussi des fois.

Somme toute, ils reprochent aux médias traditionnels et généralistes d'être:

  • Répétitifs - de répéter toujours les mêmes infos à la télé, à la radio, dans les journaux.
  • Sensationnalistes - de susciter des émotions artificielles.
  • De focuser sur un événement puis de l'oublier
  • De mentir à l'occasion.
  • Dans le cas de la presse écrite, d'être trop chère et dévoreuse de temps.

"Ils ont des attentes contradictoires", s'étonne-t-on. Comme si tous les jeunes devaient penser la même chose de n'importe quoi... Encore une fois, on dissèque des attitudes pour tenter de s'adresser à un public que l'on perçoit comme monolithique.

D'autant plus que la catégorie "jeunes de 18-29 ans, étudiants ou travailleurs" est une vision de l'esprit. Cela n'existe pas. Pas au sens où les jeunes qui aiment la voile, ou les jeunes intéressés par le foot, existent, elles.

De même Sonia Arnal craint de voir les communautés dont le journal ou le quotidien sont le "socle commun" disparaître. C'est quand même un peu rigolo de voir que des journalistes aient de la difficulté à reconnaître que la société sur laquelle ils écrivent depuis des décennies est en profonde mutation.

Pour Deuze, la «liquéfaction» de la société et l'hyperindividualisation de la vie sociale sont en cours. Avec tous ses effets....

Or donc, les journalistes et les éditeurs continuent de s'adresser à un public "fictif", né de leur catégories mentales plutôt que d'aller vers les gens, les vrais, individuellement.

Quand les médias envisageront leur lectorat autrement que le "machin" auquel il faut vendre son "journal", ils ouvriront la discussion.

30 décembre 2005

Penser le reportage en ligne

Jonathan Dube dans son article Online storytelling forms propose de combiner les différents supports médias selon une fonction bien précise.
  • Use print to explain
  • Use multimedia to show
  • Use interactives to demonstrate and engage

L'idée centrale est de morceler les informations d'un reportage en sections très anglées, chacune présentées sur un support approprié.

Il donne ensuite une série d'idées et de liens vers des reportages montrant différentes utilisations du multimédia.